10 ans de d?ession, ?se f?

Il y a 1 mois, ma psychiatre ma demandé pourquoi je ne m’attachais qu’aux gens qui n’étaient pas disponibles pour moi.

La réponse m’est venue il y a 2 semaines ; le genre de réponse qui surgit comme ça, toute fluide ; le genre de réponse qui est là depuis longtemps, mais qu’on ne veut pas s’avouer.
Quand les gens "pas disponibles" ont du temps pour nous, alors on sait qu’ils sont consentants pour donner ce moment-là ; ils ont choisi de le donner; alors on se sent élue, et on est heureux même quelques minutes..

Avec les gens disponibles, on cherche toujours la raison qui fait que… Sont-ils là par devoir ? culpabilité ? générosité ? Pseudo amour filial ? Mais comment quelqu’un pourrait-il m’aimer ? Ce n’est même pas concevable, quelque soit l’adjectif qu’on lui colle. Alors forcément, il y a truc. Leur devoir devient notre culpabilité, leur culpabilité notre croix. Si je n’étais pas toute "A jeter", est-ce qu’ils auraient le même sentiment de devoir ? Leur vie, assurément, serait plus facile.

Je rejete ma famille parce que je ne peux plus voir leur peine, leur impuissance. Si jamais ils pouvaient voir qu’ils ne peuvent pas m’aider !
Je les rejette parce que je suis lache et que je ne peux plus gérer le mal que je leur fais en plus de ma souffrance.  Je planque la poussière sous les tapis. Si seulement ils voyaient qu’ils n’y peuvent rien ? peut-être qu’ils arréteraient d’essayer. Ne voeint-ils pas que je suis morte ? Je pourris de partout ; mon corps me lache ; je n’arrive plus à maintenir les apparences.

Je sais pourtant que je tourne en rond. Qu’il me faudrait une sorte de mutant  à la fois "pas disponible" et disponible, parce ce pour m’aimer moi-même il faut que quelqu’un m’aime. Elle croit aux contes de fées, la Valy. Je n’ai pas en moi la force qu’il faut. Et je m’épuise.

10 ans de dépression, ça se fête. Ou plutôt, la première grosse crise, c’était il y a une décennie. . Elle fait partie de moi cette dépression,de façon intrinsèque. Je ne sais pas ce que je suis à part ça. Patiente, ça dépend des moments. Drôle : seulement par accident. Gaie : de façon imprévisible. Mais dépressive, TOUJOURS’

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