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23 Octobre 2007 - A Olive

Dimanche, octobre 28th, 2007

Ce nest pas déjà assez dur comme ça d’être malade, il faut encore perdre ses facultés intellectuelles, ne plus trouver ses mots, ne plus se souvenir de l’endroit où on a posé le document qu’on tenait il y a 2 secondes (sauf que 2 min plus tard ce sont les timbres, le téléphone, la montre…), lutter contre l’envie de dormir (en clair de fuir la réalité, il est fort le corps pour envoyer des signaux pareils).

Il faut se faire violence pour sortir, du lit déjà et puis ensuite de la chambre… se doucher puis se préparer quel combat ! Alors mettre le pied dehors et se rendre compte que la journée vient de commencer, qu’il y a des heures et des heures à traverser encore, sans compter les gens à affronter.

Il faut se morigéner soi-même quand la voix dans sa tête se traite de tous les noms, et parfois en se rendant compte qu’on "parle" vraiment tout seul, là dans la rue. Il faut encore manger un paquet de PIM’S citron en entier, pas parce qu’on en a envie, mais parce que dans une vie antérieure on aimait ça, donc que ça procurait du plaisir, donc que ça va bien être pareil encore. Si le plaisir n’est pas au rendez-vous avec cette bouchée-là, ça sera peut-être la prochaine… et voilà, le paquet est fini, il ne reste plus qu’une légère nausée.

J’essaie de tenir bon et il faut croire que j’y arrive. Je me leurre pas mal moi-même en me fixant des petits seuils : allez on finit la matinée de travail. Allez, tu as fait la moitié de la journée, tu peux faire l’après-midi.
Allez, courage, tu ressors pour la danse, ensuite tu verras comme ce sera bon de rentrer.
Non, tu ne dors pas, tu lis encore au moins un chapitre.
Non, il est trop tôt pour retourner au lit, joue à Dofus. Tu en as marre de Dofus ? Passe à Halo !!!

De seuil en seuil, je ne vais nulle part…  vite vite on chasse cette évidence, pour pas être tenté d’abandonner… Comme un enfant qui veut jouer avec la télécommande pendant qu’on regarde la télé, alors on enlève les piles. Illusion, tout n’est qu’illusion.

Mais je sens que le jour est proche où je ne pourrai plus du tout me lever. Et tu sais, mine de rien je l’attends comme une délivrance. Le moment où je pourrai craquer…

Voilà. Ca m’a fait du bien de faire sortir tout ça. Mais je crois que la prochaine fois que tu me diras "Ca va ? ", ça ne sera pas sans appréhension de la diarrhée verbale (on dit logorrhée, oui.  Mais c’est tellement moins imagé ! )  qui suivra, même à retardement’

17/10/2007

Mercredi, octobre 17th, 2007

Faut-il être exhibitionniste pour tout déballer là, sur la toile ? Je ne sais pas pourquoi je le ressens comme ma dernière chance, ma dernière main tendue au monde…

"Marche ou crève". Je suis dans cette impasse depuis si longtemps. Un couloir où on ne peut quavancer, ou s’arrêter signifie mourir, même si tôt ou tard on se prend le mur du fond…

Je ne sais pas comment j’ai réussi à me persuader que si j’arrivais à dormir ça irait mieux. Evidemment ce n’était qu’un leurre. Tous ces rêves !!! Plus question de laisser un psychiatre s’en repaitre.Comment faire ? Qu’il y a t-il après la mort ? Si seulement je savais, j’oserais franchir le pas. Une nouvelle fois. Mais si c’était pire après ?

Il n’y a pas un front vers lequel me tourner. Professionnel, sentimental, personnel, familial…. que des lambeaux !!!!!!! Au moins avec la cinétique on ne voit pas les désastres, on  vit dans l’illusion.. Mais quand la porte se ferme, qu’on se retrouve face à soi, qu’il n’y a plus d’endroit où se cacher, que la pourriture suinte de partout. Il faut resister à l’envie de se cogner la tête au mur, de voir son sang maculer le sol, tacher les draps. Qui en a cure ?