Archive for novembre, 2007

Un, deux, trois, je m\en vais au bois’

Vendredi, novembre 2nd, 2007

Mon père ma dit un jour quand j’étais petite : "Tous les clochards ont une Maman". Je sais que j’ai pleuré et pleuré parce que j’ai imaginé leur peine, leur solitude. Mon premier aperçu de l’imperfection du monde.

Je sais que je ne suis pas tant à plaindre que ça. J’ai un toit que je paie tant bien que mal, Internet qui est un luxe, une famille même si elle est mal tombée avec moi.  Je ne m’en sens que plus coupable. Si quelqu’un d’autre était née à ma place il y a 27 ans ? Un autre spermatozoïde, une autre implantation de personnalité ou je ne sais quoi. Quelqu’un d’autre avec MA famille, MES chances… Et je pleure sur ce gachis-là, j’aurais aimé ne pas naitre.

La mauvaise graine était là depuis le début. Mon premier souvenir : Maternelle, seuil de la cour. C’est la récré, les enfants jouent. Pas moi. Je sais que je ne suis pas comme eux, que je n’ai pas le droit, le mérite de partager leur jeux. Il y a une ligne de tracée ; eux dans la cour qui jouent. Moi sur le seuil, je n’ose mettre le pied dehors. J’ai peur d’eux, de la différence.

Il parait que ça arrive souvent que les enfants pensent qu’ils ont été adoptés, que leurs parents ne les aiment pas. Mais chez moi c’est resté. Je ne méritais pas leur amour, alors je me suis appliquée à l’acheter en étant sage, en étant la première de la classe, la petite fille fragile qui ne peut pas faire de sport… Evidemment, la tête d’ampoule, qui lit au lieu de jouer n’est pas très appréciée. Alors elle n’a pas d’amis et tant pis, finalement, parce qu’elle a quelque chose que les autres n’ont pas, son étiquette : la première de la classe.

Collège. Plus de monde. Plus difficile d’être la meilleure. Alors que reste t-il ? Les "bonnes" notes, les "vertus" On ne peut être prise en défaut, quitte à être le martyr, celle qui est le plus souvent sujette aux rumeurs, aux moqueries, qui tend l’autre joue.  Et qui n’en  est que plus détestée.

Lycée. Encore plus de monde. Là on rencontre l’indifférence. On est la meilleure en français comme toujours, mais pour le reste, on se contente du podium, ou de la masse… Terminale, manque de pot. Classe élitiste… LES meilleurs. On disjoncte. C’est si bête. On n’a plus d’identité.

DEUG 1... la galère puis, ça y est on remonte la pente. C’est déjà si bien d’avoir son année. On reprend confiance, et on est bien partie pour le podium… DEUG 2 - Même si on se fait violer en décembre (déchu, l’ange qui n’est plus vierge), même si les menstrues tardent à venir avec l’angoisse (ouf ! pas de grossesse), même si on ne peut plus supporter son corps, qu’on sursaute quand on se voit dans le miroir, à force de ne pas se regarder… Même si on est tout seul, qu’on a honte, peur de se voir confirmer qu’on n’est pas aimé, qu’on ne mérite définitivement pas cet amour…  Malgré cela on a la rage. On veut fuir, se venger du monde par une réussite éclatante. Construire une cuirasse par delà laquelle personne ne verra la souillure, la solitude.

Licence. On a fui, mais on n’a plus nulle part où se cacher ; la vanité des rêves dans toute sa splendeur… reste l’orgueil, ou la pudeur. Qu’est-ce ? Maîtrise - les plombs sautent, tout nous rattrape.

Aujourd’hui. Il fallait bien que je sorte de l’école un jour. Mais je n’ai plus rien. Les diplomes n’ont servi à rien, je vivote, et il n’y a plus d’apparences à conserver car tout le monde s’en fout.

Je suis incapable de retracer ma vie autrement qu’en années scolaires. Qu’est-ce que vous en dites Docteur ? Mais assez parlé, j’ai besoin de solutions. Plus d’expédients.’

10 ans de d?ession, ?se f?

Vendredi, novembre 2nd, 2007

Il y a 1 mois, ma psychiatre ma demandé pourquoi je ne m’attachais qu’aux gens qui n’étaient pas disponibles pour moi.

La réponse m’est venue il y a 2 semaines ; le genre de réponse qui surgit comme ça, toute fluide ; le genre de réponse qui est là depuis longtemps, mais qu’on ne veut pas s’avouer.
Quand les gens "pas disponibles" ont du temps pour nous, alors on sait qu’ils sont consentants pour donner ce moment-là ; ils ont choisi de le donner; alors on se sent élue, et on est heureux même quelques minutes..

Avec les gens disponibles, on cherche toujours la raison qui fait que… Sont-ils là par devoir ? culpabilité ? générosité ? Pseudo amour filial ? Mais comment quelqu’un pourrait-il m’aimer ? Ce n’est même pas concevable, quelque soit l’adjectif qu’on lui colle. Alors forcément, il y a truc. Leur devoir devient notre culpabilité, leur culpabilité notre croix. Si je n’étais pas toute "A jeter", est-ce qu’ils auraient le même sentiment de devoir ? Leur vie, assurément, serait plus facile.

Je rejete ma famille parce que je ne peux plus voir leur peine, leur impuissance. Si jamais ils pouvaient voir qu’ils ne peuvent pas m’aider !
Je les rejette parce que je suis lache et que je ne peux plus gérer le mal que je leur fais en plus de ma souffrance.  Je planque la poussière sous les tapis. Si seulement ils voyaient qu’ils n’y peuvent rien ? peut-être qu’ils arréteraient d’essayer. Ne voeint-ils pas que je suis morte ? Je pourris de partout ; mon corps me lache ; je n’arrive plus à maintenir les apparences.

Je sais pourtant que je tourne en rond. Qu’il me faudrait une sorte de mutant  à la fois "pas disponible" et disponible, parce ce pour m’aimer moi-même il faut que quelqu’un m’aime. Elle croit aux contes de fées, la Valy. Je n’ai pas en moi la force qu’il faut. Et je m’épuise.

10 ans de dépression, ça se fête. Ou plutôt, la première grosse crise, c’était il y a une décennie. . Elle fait partie de moi cette dépression,de façon intrinsèque. Je ne sais pas ce que je suis à part ça. Patiente, ça dépend des moments. Drôle : seulement par accident. Gaie : de façon imprévisible. Mais dépressive, TOUJOURS’

02/11/2008

Vendredi, novembre 2nd, 2007

Pique-Nique-douille
cest-toi-l’andouille.

Je crois que c’est à ce stade que je commence à fantasmer sur les moyens de baisser le rideau. Qui a dit qu’au fond du trou on ne peut que remonter ? C’en est presque drôle, l’espoir qu’on a d’avoir vraiment touché le fond cette fois. Plus de surprises, hein? Ah ! Tu as encore des tours  dans ton sac ?!!!!  L’agonie ni qui n’en finit pas, le dernier tressaillement qui est suivi d’un autre, encore et encore.

On achève bien les chevaux.’